L’équipement de base pour la santé

Partir en randonnée, a fortiori accompagné d’enfants ou pour une longue durée, nécessite de prendre quelques précautions pour faire face à toutes les situations.  

Tout randonneur un peu averti se doit d’emporter dans son sac à dos le nécessaire pour parer aux coups durs : une trousse de secours, dont le contenu sera adapté au type d’environnement de la randonnée, à sa durée, à sa saison, mais aussi à la nature du groupe.

Ainsi, dans un groupe composé d’adultes expérimentés, chacun emportera avec lui son nécessaire de santé, mais dans le cadre d’une randonnée familiale ou si l’on fait office de chef de groupe accompagnant des personnes moins expérimentées, il faut prévoir le nécessaire pour se soigner soi-même mais aussi le groupe.

Contenu de la trousse de secours

Il est assez difficile, voire impossible, de donner une liste vraiment exhaustive pour une trousse de secours. Non seulement ce contenu dépend de certains paramètres (voir plus haut), mais en plus ce contenu peut varier en fonction des habitudes ou des craintes de certains.

En cas de questionnement sur ce sujet, le plus simple reste encore de consulter un médecin (il n’est pas nécessaire qu’il soit spécialisé en randonnée, bien que cela constitue un avantage : n’importe quel médecin possède les connaissances nécessaires pour vous conseiller sur les équipements de premier secours).

Voici quelques équipements de base à faire figurer dans votre trousse de secours :

  •  Une solution antiseptique (si possible sans alcool pour éviter toute douleur à l’application) pour désinfecter les plaies. Indispensable pour les petits bobos en cas de chute sans gravité et donc de plaie superficielle. Pour des raisons sanitaires et pratiques, mieux vaut opter pour un format en petites doses ou en spray. Si la plaie est souillée par du sable ou de la terre, il faut au préalable la laver avec de l’eau (si possible oxygénée), puis la sécher en tamponnant légèrement la plaie (idéalement avec une compresse stérile). Le Dakin est couramment employé chez les adultes aussi bien que chez les enfants, et passe comme une lettre à la poste. Du savon liquide spécial peut aussi être utilisé pour laver les plaies.
  • Des compresses stériles pour nettoyer les plaies. En non-tissé ou faites de gaze, ces compresses permettent de répondre aux besoins de nettoyage, d’absorption ou même de protection.
  • Des pansements prédécoupés et étanches, pour les petits bobos sans gravité, préalablement nettoyés avec une solution antiseptique. Très pratique même si le groupe ne comporte que des adultes, et carrément indispensable si vous partez en randonnée avec des enfants ;
  • Des bandes de soins extensibles ou en crêpes, servant à maintenir les pansements ou les compresses en place, pour protéger une plaie par exemple. Attention, ces bandes ne sont pas stériles et ne doivent pas être appliquées directement sur les blessures
  • Un petit flacon de solution hydroalcoolique pour la désinfection des mains, avant par exemple toute manipulation d’une blessure
  • Une pince à épiler pour les échardes, ainsi que des aiguilles stériles.
  • Un tire-tique permettant de … retirer une tique (!) de manière mécanique. Les systèmes “chimiques” contre les tiques sont en effet à proscrire, la tique pouvant régurgiter à cette occasion une substance toxique dans votre corps. Immédiatement après avoir retiré la tique (et surtout pas avant !), il faut désinfecter la plaie. Si des rougeurs ou des symptômes grippaux apparaissent après avoir retiré la tique, il faut se rendre tout de suite chez un médecin (risque de maladie de Lyme).
  • Des ciseaux pour découper pansements et bandes
  • Une solution pour lavage ophtalmique type Dacrioserum (sérum physiologique), pour laver vos yeux si ces derniers sont irrités par de la terre, de la poussière, du sable, etc.
  • Une couverture de survie (une par personne)
  • Tout médicament nécessaire au traitement habituel d’une personne (et dans ce cas, il est recommandé de prendre avec soi les ordonnances liées à ces traitement, dans le cas d’une hospitalisation imprévue)
  • Du paracétamol pour faire office d’anti-douleur et lutter aussi contre la fièvre. On ne recommande pas l’aspirine mais en fonction de vos habitudes mieux vaut demander conseil à votre médecin traitant en lui expliquant que vous souhaitez constituer une trousse de soins pour vos randonnées.
  • Quelques sucres pour faire face à une crise d’hypoglycémie soudaine
  • Une pompe anti-venin (type “aspivenin”), afin de pouvoir aspirer rapidement le venin injecté lors d’une piqûre de guêpe, abeille, ou frelon. A savoir que, contrairement aux idées reçues, il n’est pas recommandé d’utiliser un tel dispositif pour aspirer le venin injecté par un poisson, une méduse, une plante urticante ou un serpent, car dans ce cas cela augmente la vascularisation et donc la circulation du venin dans le sang !

Comment organiser sa trousse de soins ?

Une fois le contenu de votre trousse de premiers secours soigneusement étalé sur la table de votre salon, en prélude à votre future randonnée, vous devez prendre en considération les points suivants :

  • Vous devez disposer, pour chaque équipement, de la quantité que vous estimerez nécessaire, et strictement nécessaire (pour des raisons de volume et de poids notamment). Ce point dépend de la composition du groupe : si vous êtes responsable de 3 enfants par exemple, prenez assez de compresses, pansements et autres désinfectants pour tout le monde, et pas seulement pour une personne.
  • Votre trousse de soins ne sera pas vraiment une trousse à proprement parler mais plutôt un tas de choses dans un sac étanche : en effet, il est nécessaire de protéger vos équipements du mauvais temps et donc de les placer dans un sachet parfaitement étanche. Un sac de congélation équipé d’une fermeture “zip” est en général suffisant. Vous pouvez aussi trouver dans le commerce de petites mallettes très pratiques, en plastique, légères et étanches.
  • Entre deux randonnées, faites toujours le point sur votre trousse de soins plusieurs jours à l’avance, afin de compléter vos équipements utilisés au cours de la rando précédente, et vérifier les dates de péremption de chaque médicament.

Voila pour ces quelques conseils. En cas de doute, le plus simple reste de demander conseil à votre médecin avant une “grosse” randonnée si vous estimez avoir besoin d’un complément d’information et vous rassurer sur votre trousse de soins. Il peut également être utile, en fonction du niveau de la randonnée envisagée (plusieurs jours ? Dans un environnement difficile ? Éloigné ?), de suivre une rapide formation aux premiers secours, afin de savoir quoi faire en cas de situation imprévue.