L’équipement de base pour le bivouac

Partir en randonnée pour plusieurs jours nécessite un équipement spécifique. Voici quelques conseils.

Faire une randonnée à la journée nécessite déjà un peu de préparation : il vous faut du matériel de marche adapté, une trousse de soins bien pourvue, ainsi que quelques précautions supplémentaires si vous partez en famille.

Mais passé le cap de ces randonnées “courtes”, il peut vous prendre l’envie de vous adonner à un autre type de randonnée, plus longue, étalée sur plusieurs jours et nuits, ce qui nécessite quelques réflexions supplémentaires.

Nous nous intéresserons ici au bivouac par vos propres moyens, mais certains conseils restent valables si vous préférez dormir dans un refuge par exemple.

Préparation initiale et itinéraire

Partir en randonnée pour plusieurs jours, même dans un endroit “sans danger apparent” comme la Bretagne, ne s’improvise pas. Contrairement à une randonnée d’une journée qui nécessite une préparation relativement simple, il faut bien prendre en compte que partir plusieurs jours fait monter d’un cran le niveau de préparation, notamment sur deux points : la nourriture et le sommeil.

Pour partir plusieurs jours dans de bonnes conditions, le point primordial de votre préparation sera d’établir un itinéraire le plus précis possible, afin de déterminer les points d’étapes – principalement pour dormir et le repas du soir, car nous partons du principe que, dans tous les cas, le repas de midi par exemple pourra être davantage improvisé et nécessite moins de logistique.

Cet itinéraire doit prendre en compte plusieurs points importants :

Distance entre les étapes

La distance entre les étapes doit être réaliste. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu’il faut prendre en considération votre capacité de marche en fonction de votre forme physique (autrement dit : combien de kilomètres pouvez-vous parcourir dans une journée moyenne ?) mais aussi bien sûr en fonction du terrain. Par chance, il existe en Bretagne peu de reliefs montagneux (Le Roc’h ruz dans les Monts d’Arrée fait moins de 400 mètres d’altitude et c’est le point culminant de la Bretagne). Dans le doute, renseignez-vous avant le départ auprès par exemple de l’office du tourisme local pour connaître une estimation de la durée nécessaire pour telle ou telle étape ;

Ensuite, une marge de sécurité doit être prise sur ce temps de marche estimé. Ne calculez pas au plus juste en fonction du temps d’ensoleillement dans la journée et du temps de marche, car il existe mille raisons pour que vous subissiez un retard : fatigue d’un membre de votre groupe ou de vous-même, petit (ou gros) bobo qui vous ralentirait, envie de faire une pause plus longue que prévu dans un endroit digne d’intérêt, etc. Pourquoi cette marge de sécurité est-elle nécessaire ? Tout simplement pour ne pas avoir à établir votre bivouac dans de mauvaises conditions de visibilité (de nuit, donc) et aussi pour prendre le temps : après tout vous êtes en randonnée, c’est pour le plaisir, pas pour vous stresser inutilement.

Points de sortie en cas de problème

Autre point crucial : le plan B ! Une fois votre itinéraire établi et les points d’étape gravés dans le marbre, et toujours pour des raisons de sécurité, il est préférable de prévoir quelques points de repli qui pourront être rejoints en cas de problème, un peu partout sur votre itinéraire. Notamment pour gérer une blessure importante ou des conditions météo qui rendraient dangereuse la poursuite de votre randonnée.

La météo

En parlant de météo, il s’agit bien évidemment là d’un point important à prévoir : se renseigner sur la météo sur plusieurs jours, et pendant toute la durée de votre randonnée !

Orientation

S’orienter sur un seul chemin, pour une seule journée, ne nécessite pas énormément de préparation et ne devrait pas entraîner de grosses surprises. Néanmoins, pour une randonnée de plusieurs jours avec un itinéraire plus ou moins complexe, il faut prévoir de quoi vous orienter correctement, à savoir :

  • un GPS ou un smartphone qui fera office de GPS. Dans ce cas, il est indispensable de prévoir dans votre sac un ou plusieurs batteries de secours et/ou un chargeur solaire
  • une carte
  • une boussole
  • un peu d’entraînement à l’orientation avant la randonnée, histoire de ne pas se retrouver incapable de le faire dans des conditions potentiellement stressante (retard sur une étape avec la nuit qui tombe, blessure, etc.)

Choisir le bon endroit pour bivouaquer

Règle préalable : vous devez vous renseigner sur la législation en vigueur aux endroits où vous souhaitez bivouaquer. En effet, on ne s’installe pas n’importe où et il existe des règles à respecter.

Une fois cette information en votre possession, et lorsque vous arrivez à votre point d’étape, il s’agira de choisir un bon emplacement pour poser votre tente (ou tout autre équipement). Pour cela quelques règles basiques s’imposent, mais il s’agit plus de bon sens qu’autre chose :

  • ne pas établir son campement sur un terrain trop en pente
  • ne pas établir son campement trop près d’une rivière ou d’un lac (prévoir une petite centaine de mètres par précaution envers les animaux qui se rendent aux points d’eau, mais aussi envers vous si une crue subite se déclenche durant la nuit)
  • privilégier un emplacement protégé des éléments, plutôt qu’un emplacement donnant une vue certes très dégagée et belle, mais vous laissant totalement à la merci du vent, de la pluie ou de tout autre désagrément naturel
  • creuser une petite rigole autour de votre tente si la pluie menace (cela vous évitera de vous réveiller dans l’eau)

Une fois toutes ces préparations effectuées, vous pouvez passer à un autre point important : l’équipement !

Matériel de bivouac

Bivouaquer nécessite évidemment d’emporter plus d’équipement que pour une randonnée d’une journée. Voici quelques éléments à prendre en considération.

Le sac à dos

Une randonnée de deux ou plusieurs jours nécessite obligatoirement plus d’équipement si vous souhaitez rester en autonomie quasi-totale – bien évidemment si vous avez prévu chaque étape à l’hôtel et au restaurant, vous n’avez pas besoin de tout ce qui va suivre, mais nous parlerons ici d’une randonnée dans laquelle vous restez relativement autonome, tant au plan des repas que du bivouac.

Le sac à dos que vous devez prévoir pour une telle randonnée sera donc nécessairement plus imposant qu’un sac pour une seule journée, donc doté d’une contenance plus importante.

Il faudra évidemment qu’il soit parfaitement étanche : même si ce point est important pour n’importe quelle randonnée, il faut considérer que le temps peut changer subitement en cours de route et que vous ne pouvez pas tout savoir à l’avance ; il faut donc anticiper, prévoir, imaginer (sans pour autant en faire trop, ce qui est là une chose qui viendra avec l’expérience du terrain : on a souvent tendance à prévoir un peu trop pour ses premières randonnées, et à partir plus léger avec le temps, c’est-à-dire avec le minimum vital, pas plus, pour des raisons de poids principalement).

Le nécessaire pour les repas

En termes de repas, tout dépend des habitudes et envies de chacun : pour partir plus léger vous pouvez vous contenter de repas froids et de nourriture simple, ce qui vous évitera de prendre pas mal d’équipement dédié aux préparations culinaires.

En revanche, si vous souhaitez prendre un repas chaud le soir, ce qui a le mérite de “réconforter” le corps et l’esprit notamment en cas de mauvais temps, vous devez penser notamment à prendre au minimum :

  • un réchaud
  • une tasse
  • une gamelle
  • des couverts

A noter que, pour préparer un repas chaud, il faut prévoir un peu de temps (hé oui, comme à la maison ^^). Ce qui peut avoir d’autres conséquences :

  • l’établissement de l’itinéraire, avec sa marge de sécurité, doit prendre en compte cette petite demi-heure de plus qui vous sera nécessaire pour installer, préparer, et manger votre repas ;
  • en cas de (très) mauvais temps, il peut être (très) désagréable de préparer son repas et de passer du temps en plus à l’extérieur de votre tente. Prévoyez donc quand même la possibilité de prendre “exceptionnellement” un repas froid de temps à autre.

Le nécessaire pour dormir

Une randonnée de plusieurs jours peut s’avérer relativement éprouvante sur le plan physique. Raison pour laquelle il vaut mieux, dès le début, prévoir un itinéraire qui ne vous impose pas de marcher à allure forcée dans la journée pour rejoindre votre lieu d’étape, mais aussi mettre tous les atouts dans votre poche pour passer une bonne nuit de sommeil réparatrice.

Il existe différents équipements pour dormir en randonnée, et tout le monde n’a pas le même niveau d’exigence en termes de confort. Les conditions climatiques jouent également beaucoup : on ne bivouaque pas de la même façon lorsqu’on fait une randonnée en plaine l’été, ou que l’on randonne à la montagne en plein hiver. Voici néanmoins un type d’équipement qui nous semble le plus adapté à la plupart des situations :

  • une tente, ce qui permet de dormir à l’abri des éléments (pluie, vent) et des animaux (petits ou … moins petits). La tente a un gros avantage psychologique surtout chez les personnes qui n’ont pas l’habitude de dormir en dehors de chez elle : on n’a pas l’impression de dormir vraiment “dehors”. Pour choisir une tente, quelques critères sont à prendre en compte :
    • son poids : plus la tente est légère, mieux c’est – c’est vous qui la porterez toute la journée ;
    • son espace de vie : à choisir en fonction du nombre de personnes qui vont dormir dedans, sachant que prévoir une place de plus permet évidemment de sentir moins à l’étroit dedans ;
    • son espace rangement (ou abside) pour vos affaires ;
    • son niveau de solidité pour valider la résistance au vent ;
    • son niveau d’imperméabilité.
  • un matelas, pour le confort de couchage, mais aussi minimiser la perte de chaleur corporelle ;
  • un sac de couchage

Le nécessaire pour l’hygiène

Là aussi les besoins d’équipement peuvent varier selon les personnes et leur “niveau d’exigence” par rapport à l’hygiène. C’est un point important, peut-être la plus grande différence par rapport aux habitudes que l’on peut avoir quand on est chez soi.

Voici quelques points notables sur le plan de l’hygiène :

  • toilette : à moins de passer par des refuges équipés, il vous sera impossible de prendre une douche dans des conditions normales. Il s’agira la plupart du temps d’une toilette rapide, et en général à l’eau froide (les plus frileux peuvent faire chauffer leur eau après avoir établi leur bivouac, mais c’est un procédé un peu long et contraignant)
  • le brossage des dents est, heureusement, toujours facile à faire quelles que soient les circonstances. L’équipement nécessaire est léger et peu encombrant, l’opération est rapide. C’est à peu près le seul point qui restera “normal” en termes d’hygiène 🙂
  • laver son linge est assez hypothétique si l’on souhaite éviter les refuges. Il vaut mieux prendre des affaires de rechange et ne pas être trop exigeant sur le niveau d’hygiène – pas de panique, cela veut juste dire que vous ne pourrez pas changer de vêtements dès que vous avez une goutte de transpiration. A noter qu’il est recommandé quand même de laver – même sommairement – ses chaussettes, afin d’en retirer la transpiration, car cela peut entraîner l’apparition d’ampoules. Vos chaussettes devant toujours être très sèches, il est recommandé d’en prendre au moins 2 paires.

Voilà pour ces quelques conseils qui vous permettront d’aborder sereinement une randonnée de plusieurs jours. Si vous êtes novice dans cette matière, il est recommandé de commencer par une petite randonnée, par exemple étalée seulement sur 2 jours, ceci afin de n’avoir qu’une seule nuit en bivouac. De cette façon, si par malchance vous avez oublié un équipement important ou si les choses se passent mal, vous n’aurez pas à subir les conséquences négatives sur une trop longue période. Il n’est d’ailleurs pas rare de faire connaissance de personnes qui ont fait leur premier bivouac au fond de leur jardin, tout simplement pour voir “si elles en étaient capables”…